La Guinée n’échoue pas à se digitaliser faute de projets ou de compétences. Elle échoue parce qu’elle empile des projets au lieu de construire un système.
Comité de lecture des éditions Les Plum’Ispirées : publication vivement recommandée.
Cycle par lequel un projet numérique public naît dans la lumière des annonces officielles, produit une plateforme, puis disparaît dans l’obscurité quelques mois plus tard — sans que personne ne s’avise officiellement de son extinction. Trois ans après, on relance un projet équivalent, ailleurs, à zéro.
La cérémonie a eu lieu, le communiqué est publié. Que la plateforme ne serve plus six mois après n’apparaît dans aucun tableau de suivi — parce qu’aucun tableau de suivi n’existe pour mesurer cela.
Un acte de naissance émis à Dinguiraye n’est pas reconnu automatiquement par une administration de Conakry. C’est le citoyen qui fait le lien, à la main, en transportant lui-même le papier.
Des fichiers contenant les données personnelles de millions de Guinéens circulent par messagerie entre agents publics, sans chiffrement, sans traçabilité, sans cadre.
Une direction, qui tient en une formule : il est temps, pour la Guinée, de passer du projet au système.
Intégrer la maintenance dans le marché initial, payer à l’usage constaté et non à la seule livraison technique. C’est ce qui empêche un système de mourir le jour de sa réception.
Authentification nationale partagée, paiement étatique unifié, référentiel géographique faisant foi. Chaque projet s’y connecte au lieu de tout réinventer.
Tant qu’aucun identifiant n’est partagé, deux administrations ne peuvent pas désigner la même personne sans ambiguïté. Aucune interopérabilité sérieuse n’est possible sans lui.
La loi de 2016 la prévoit ; le décret d’application n’a jamais été pris. Sans elle, les citoyens ont raison de se méfier des plateformes qui collectent leurs informations.
Une institution distincte des ministères, qui survit aux alternances et pose le cadre commun. Toutes les autres fondations en dépendent.
Se lit de bas en haut — chaque étage repose sur le précédent
Quatorze carnets s’insèrent entre les chapitres. Ils ne sont pas illustratifs au sens décoratif du terme : ils sont la matière première à partir de laquelle les analyses du livre ont été construites.
Dix ordinateurs neufs, climatisés, alignés. Aucun agent ne s’en servait : aucune application métier n’avait été déployée, et la connexion n’avait jamais été activée.
Une direction présente son projet de plateforme. Une autre l’interrompt : elle a déployé exactement la même solution deux ans plus tôt. Personne n’était de mauvaise foi.
Croiser les fichiers de trois administrations devait prendre quelques heures. Il a fallu plusieurs semaines, pour un taux d’appariement final de 60 %.
En août 2022, la plateforme e-Bail entre en service au ministère en charge de l’urbanisme, de l’habitat et de l’aménagement du territoire. Trois ans plus tard, elle fonctionne toujours, utilisée par l’ensemble des services concernés. Trois ministres se sont succédé ; aucun ne l’a remise en cause. De nouveaux modules y ont été ajoutés, le périmètre s’est étendu.
Cette résilience n’est pas un hasard. Elle résulte de cinq choix faits dès la conception — et ces choix contredisent, point par point, les causes structurelles de l’échec analysées dans le livre. Ce que ce cas démontre, ce n’est pas qu’un projet peut réussir par chance : c’est que les conditions de la durée sont connues, et qu’elles peuvent être généralisées.
Les trois premières pages de l'ouvrage, telles qu'elles paraîtront.

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Roze Pola
Ex-ministre des Télécommunications et conseillère à la présidence
Le manuscrit a été soumis au comité de lecture des éditions Les Plum’Ispirées, qui s’est prononcé pour la publication et a relevé la qualité de la langue ainsi que la profondeur des exemples de terrain.
Ce qui se joue derrière les présentations qu’on vous fait, et ce qui distingue un projet qui va tenir d’un projet qui va s’effondrer. Sans être technicien.
Comment faire pour que les projets auxquels vous consacrez vos nuits ne soient pas oubliés trois mois après leur mise en production.
Le numérique sera, pour votre génération, ce que les infrastructures de base ont été pour la précédente. Les décisions prises maintenant vous engagent.
Les bonnes questions à poser. Tant que ces sujets restent confinés aux conférences sectorielles, ils sont traités selon des logiques qui ne servent pas l’intérêt général.
Un état des lieux honnête de ce qui se passe ici, pour ceux qui suivent le pays avec un mélange d’espoir et de découragement.
Pourquoi, malgré toutes les annonces, vos démarches quotidiennes restent ce qu’elles sont. La digitalisation n’est pas une affaire d’experts.
Souleymane 1 Diallo — Ingénieur d’État en génie informatique · Software Engineer & DevOps · Fintech
Je suis Souleymane 1 Diallo, un pur produit de l’école guinéenne. De l’École Primaire de M’Bonet aux amphithéâtres de l’Université Kofi Annan, mon parcours s’est construit pas à pas, sur le sol guinéen.
Au Collège-Lycée EOT de Dinguiraye, j’ai obtenu en 2015 le baccalauréat série Sciences Mathématiques, premier de mon établissement. J’ai poursuivi en cycle d’ingénieur en génie informatique à l’École Polytechnique des Ingénieurs de l’Université Kofi Annan, dont je suis sorti major de la première promotion.
Dès 2019, j’ai participé à des projets structurants de digitalisation, dans le secteur public comme auprès d’organisations internationales : e-Bail au ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat, Pépite avec L'APIP, e-Foncier au ministère de l’Agriculture, E-FONIJ pour le Fonds National pour l’Insertion des Jeunes, AfyaData Guinée pour le compte de la FAO. En 2024, j’ai formé vingt ingénieurs guinéens pour le GUCEG, au ministère du Budget. J’accompagne également des entreprises privées — DML, DSK Groupe, DABYOR, Yam’s Coffee et d’autres — dans une digitalisation qu’elles veulent efficace et durable. Depuis 2023, j’évolue au sein d’une fintech guinéenne, au croisement de la technologie financière et des réalités du marché local.
Je n’écris pas ce livre depuis une chaire académique étrangère, ni depuis un bureau de consultant international. Je l’écris depuis Conakry, avec les mains de quelqu’un qui a codé, déployé, formé, échoué parfois, et recommencé. Toujours en Guinée. Toujours pour la Guinée.
À offrir à vos partenaires, vos clients ou vos invités, sur un sujet qui engage l’avenir du pays.
Pour mettre vos cadres et vos équipes projet devant les causes réelles d’échec avant de lancer le prochain chantier.
Le comité de lecture recommande l’exploitation de l’ouvrage en milieu scolaire et universitaire.
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